Texte Auto-portrait

Janvier 1992

 

Le fantasme est peuplé de photographies ou, pourrait-on dire la photographie n'est que ... parce que les fantasmes sont. Cadrages, recadrages de corps amoureux, éclats de scènes primitives, traces des premières scènes d'amour et d'exclusion, nos imaginaires sont faits en images : fixes, éternellement retournant vers un lit d'images originelles.

 

 

Voilà pourquoi la photographie m'intéresse ... voilà pourquoi, parallèlement aussi, toute mon oeuvre présente et représente comme des hallucinations originelles, les mille images surgies du mouvement brisé en un défilement vertigineux.

 

 

Parce que la représentation photographique et la représentation chorégraphique me sont jumelles, parce que toutes deux se dévorent des yeux ... et plus encore que le cinéma qui lui n'est plus muet. La création chorégraphique ne se définit pas toute dans la création de mouvement, elle est d'abord création d'images (de l'être).

 

Ainsi, ma création photographique est en moi-même, identique à ma création chorégraphique. Je suis une chorégraphe-photographe...
Et s'il arrive que je danse ce que je crée... je réalise alors sur scène, quelque chose d'un auto-portrait.

 

Karine SAPORTA

Janvier 1992